Je n'ai pas eu le temps de beaucoup lire, ni écrire ces derniers temps. En fait, j'ai beaucoup lu et rédigé des contrats, potassé des codes en tous genres, travaillé sur plein de projets, tout le monde ayant la bonne idée de vouloir concrétiser des dossiers compliqués avant l'été. Je n'ai pas une minute à moi, et encore moins pour mon blog...

Mais ce week-end, je reviens avec joie m'occuper de Slow Down et vous dévoiler, avant que l'été n'arrive officiellement,  mes dernières lectures du printemps, très ecclectiques.

Roddy Doyle

Un petit tour en Irlande tout d'abord, avec The Snapper, de Roddy Doyle

L’Irlande des années 1990, Sharon Rabitte, 19 ans, est enceinte. Une sortie en boite trop arrosée, elle se souvient à peine de ce qui s’est passé, toujours est-il qu’elle attend un enfant et qu’il faut l’annoncer à sa famille, à ses amies.

La vie tourne en vase clos, entre la maison familiale qui ressemble à toutes celles de la rue, et des rues à côté, et le pub The Hiker, où toutes les générations se côtoient, faute de mieux, et où tout se sait, s’interprète, se diffuse.

Les questions vont bon train sur l’identité du père de l’enfant, et les rumeurs commencent à courir.

La cellule familiale s’en fiche un peu, ses 3 frères adolescents et ses deux petites sœurs jumelles sont un complètement indifférents, et ses parents prennent la chose tant bien que mal.

Il ne se passe donc pas grand-chose, on suit la grossesse de Sharon sans trop comprendre où nous emmène Roddy Doyle car il n’y a pas d’intrigue et le style argotique finit par lasser. Il faut presque le lire à voix haute pour comprendre les contractions.

J’avais aimé suivre les aventures de Jimmy Rabitte et de son groupe de blues dans les Commitments, dont a été tiré le film éponyme si drôle.  J’avais aussi aimé The Van, autre livre, autre adaptation cinématographique réussie.

Mais là, la petite étincelle d’humour n’a pas pris et le livre reste fade.

Amok

Après des pages et des pages d’irlandais abrégé tant il était plus parlé qu’écrit,  j’ai eu envie de me plonger dans la belle écriture de Stefan Sweig, un de mes auteurs favoris, romantique à souhait, et j'ai découvert Amok qui m'attendait depuis un moment dans les rayons de ma bibliothèque.

Amok m’a nettement moins éblouie que La Confusion des sentiments, Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, et surtout l’Ivresse de la métamorphose, mon préféré.

L’amour aussi soudain que fou de ce médecin allemand pour une riche anglaise semble tellement improbable tel qu’il est raconté par le médecin en fuite, qui livre son secret à un inconnu, une nuit sur le pont du bateau qui les ramène vers l’Europe.

Mais qu’importe, l’élégance de l’écriture est là, et ce tout petit livre se savoure comme on déguste une tasse de thé dans de la porcelaine fine.

"Oui, le devoir, le devoir s'arrête quelque part... là où l'on n'a plus le pouvoir de l'accomplir, précisément là..."

Jonas

Pour finir, j'ai dévoré un petit bijou de fantaisie, d'humour décalé, tout droit venu du pays des Krisprolls : Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, de Jonas Jonasson.

Allan Karlsson va avoir cent ans, et la maison de retraite veut lui fêter cela dignement, tout comme la petite ville de Malmköping où il réside.

Seulement voilà, le vieux n’en fait qu’à sa tête et décide de s’enfuir le jour de son anniversaire, en prenant la poudre d'escampette en charentaises.

Il s’en suit une épopée rocambolesque à travers la Suède, car non content de s’être fait la malle, Allan Karlsson vole la valise remplie de billets d’un apprenti mafieux.

C’est donc le récit de la course poursuite de la mafia aux trousses du vieux, qui entraîne dans sa cavale toute une brochette d’individus en marge de la société, et même un éléphant.

C’est drôle, burlesque, facétieux et plein de rebondissements.

A lire cet été !

" Dieu lui répondit par le silence, une fâcheuse manie qu'il avait parfois et que le pasteur percevait comme le signe qu'il devait réfléchir par lui-même."

"Ce qui n’était pas visible de l’extérieur, c’est qu’il avait malheureusement hérité de l’intelligence de sa mère, ou plutôt de l’absence totale de neurones en état de marche de cette dernière."