Une journée au Musée Guimet : des kimonos et une exploratrice
En ce dimanche d'élections, j'avais envie de m'évader un peu et d'échapper à cette électricité ambiante (rassurez-vous, j'ai bien voté !). Ce déchaînement sur les réseaux sociaux vous dictant quasiment ce que vous deviez voter m'a lassée et j'ai déserté la toile pour couper avec cette effervescence. Parmi les phrases figurant au Panthéon familial, il y a celle-ci, formulée quand j'étais enfant : "Inutile de me donner des conseils, je sais ce que j'ai à faire" ! Voilà, j'avais très envie de répondre cela depuis 15 jours !
Je voulais me retrouver en un lieu emprunt de sérénité.
Je ne voyais que le Musée Guimet pour m'apporter ce que je recherchais.
Ce musée est magique, il vous offre un voyage en Orient tout en restant à Paris.
Une plongée dans l'art asiatique,
un voyage initiatique aussi,
renouvelé à chaque visite.
Je ne m'en lasserai jamais.
J'ai mes recoins favoris,
Je retrouve toujours avec autant d'admiration ces statues du Bouddha,
au visage différent d'un pays à l'autre.
Du Tibet,
Au Pakistan,
Du Cambodge
Au Vietnam,
En passant par la Thaïlande,
la Birmanie.
Mais toujours empreint de cet apaisement.
Il a trouvé la Voie, il l'incarne, alors que nous piétinons sur un chemin parfois chaotique, joyeux ou triste, mais toujours remué par des émotions qui ne cessent d'encombrer nos esprits.
La Voie, j'en suis très, très loin. Je doute de l'atteindre jamais, mais déambuler tranquillement dans les allées du Musée Guimet est source de quiétude.
Chacune de mes visites commence par aller saluer le Bodhisattva debout, venue du Pakistan , estimé dater entre le Ier et le IIIe siècle.
Une sculpture d'une incroyable modernité, avec sa petite moustache !
Les salles d'Afghanistan, du Pakistan regorgent de trésors fascinants.
Parsemées parmi les antitiquités, les oeuvres étonnantes de Prune Nourry, m'ont interpellée.
Ses Terracotta Daughters sont d'un réalisme saisissant.
Comme ces fillettes en rang, petite armée d'écolières aux visages impassibles.
Ou cette représenation d'une drôle de divinité, Standing Holly Daughter,
qui me fait penser à ce roman fantastique, Demain les Chiens de Clifford D. Simack
ou Squatting Holly Daughter,
qui fait écho aux divinités hindoues,
dont certaines ressemblent à des héroïnes de science-fiction siliconnées !
Je fais un détour par le Japon en admirant l'étonnante collection rassemblée pour l'exposition Kimonos au bonheur des Dames.
Des pièces anciennes exceptionnelles,
où l'on apprend que les femmes du clan des Guerriers
ne portaient pas les mêmes motifs que celles du clan des Marchands,
ou que les femmes encore célibataires étaient reconnaissables à leur kimono aux manches plus longues.
Les kimonos de mariage étaient brodés de motifs portant bonheur (fleurs de cerisier, de prunier...).
L'expo se termine par des pièces récentes,
puis par celles de grands couturiers ayant puisé leur inspiration au Japon.
Yves Saint Laurent,
Jean-Paul Gaultier,
John Galliano,
Franck Sorbier.
Terminer enfin par une visite à Alexandra David-Néel.
Première femme européenne à avoir réussi l'exploit de pénétrer l'impénétrable Tibet, en 1924.
Découvrir sa vie, de ses débuts de cantatrice à ses incroyables voyages.
Fervente bouddhiste, elle a largement contribué à faire connaître le bouddhisme en Europe et est devenue l'une de ses plus éminentes représentantes en France.
L'exposition dévoile les objets précieux ramenés de ses deux expéditions, dont ces livres tibétains.
Cette femme incroyable, devenue l'experte incontournable du monde tibétain, qui lisait et écrivait le sanskrit, parlait couramment le tibétain, et qui s'était fondue dans cette civilisation pour parvenir à ses fins, atteindre Lhassa et demeurer au pied du Potala.
Je n'ai encore rien lu d'elle. Cela fait longtemps que ses écrits me tentent, mais je ne me sentais pas encore prête à les lire.
Tout comme les quelques lignes de ce carnet , merveilleuses de vivacité, cette exposition m'a convaincue, je vais me lancer, mais je ne sais par lequel commencer. Si l'un d'entre vous à une recommandation ?
En attendant, j'ai dévoré la BD biograhique de Fred Campoy et Matthieu Blanchot.
Des dessins magnifiques, et une présentation originale : le présent est relaté en noir et blanc, tandis que l'évocation des souvenirs de voyages est en couleurs.
Fred Campoy explique que l'exploratrice décrivait le Tibet comme étant très coloré, ce qui a motivé sa présentation de la vie de cette femme d'exception.
Une BD passionnante que je vous recommande.
Si vous avez tenu jusque là, bravo ! Je suis intarrissable sur ce musée et cette visite m'a particulièrement inspirée.
J'en avais besoin et mes pas m'ont guidée jusque là, bravant la pluie et le froid.
Il se décide quand à devenir le joli mois de Mai, ce mois qui ressemble à Novembre pour l'instant ?!
Je termine ce billet par une touche d'inspiration japonaise, un tapis de fleurs découvert hier lors d'une de mes balades.


































































