En URSS, à l'aube de la Seconde Guerre Mondiale, le régime stalinien qui n'était plus à une exaction près, décida d'éliminer purement et simplement les représentants de l'église orthodoxe, bannissant la religion qui détournait le peuple des préceptes bolchéviques.

 

architecture-building-palace-landmark-church-place-of-worship-orthodox-dome-russia-dore-russian-church-bulbs-roof-yaroslav-844067

{photo trouvée sur le net}

Les monastères furent dévastés et  leurs occupants assasinés dans d'atroces conditions. Des trésors de l'art orthodoxe partirent en fumée ou furent détruits, comme pour effacer toute trace de la culture russe.

La population n'osait pratiquer son culte qu'en secret, et les quelques moines rescapés des massacres se cachaient, errants dans les forêts pour se protéger des agents du NKVD.

 

C'est dans ce climat de terreur que commence l'histoire du moine Nicodime Kirilenko. Un homme de Dieu, venu à la foi après avoir commis un acte irréparable dont le lecteur ignore les détails. Mais les souffrances qu'il s'inflige au quotidien pour expier sa faute laissent entrevoir qu'elle doit être bien lourde à porter.

Il vit en ermite dans une forêt de Carélie, en marge du monastère dont il dépend. Son éloignement lui sauvera la vie.

 

f53a839016fe314846dcdbc82fb77044

{Photo trouvée sur le net}

Dans les décombres de son monastère ravagé par la folie des hommes, il sauve quelques objets religieux.

 

Il faut fuir désormais, s'aventurer loin de son ermitage, trouver refuge au plus profond des forêts, jusqu'à une ancienne carrière désaffectée.

 

En chemin, d'autres moines rescapés le rejoignent, et dans les baraquements sommaires qu'ils découvrent, ils créent la Nouvelle Jérusalem, un monastère de bric et de broc, tout ce qu'il reste de leur culte sacrifié.

Une confrérie d'éclopés traumatisés, mais dans chaque homme existe un talent.

Leur foi immense les porte et ils décident de sauver, coûte que coûte, toutes les reliques, icônes, objets qu'ils recherchent dans les décombres des églises. 

Ils seront la Confrérie des Moines Volants, acrobates décrochant au péril de leur vie ce qu'il reste de leur religion.

 

Mais en URSS, rien ne reste secret, et l'affaire agace les pouvoirs politiques qui qualifient de vols des biens du peuple ce que la confrérie appelle un sauvetage des oeuvres d'art de leur culte.

Après avoir mis en lieu sûr les trésors sauvés avec l'aide d'Irina, une jeune paysanne, Nicodime se rend à la police.

Bien des années plus tard, en France, Mathias Marceau, un photographe au faîte de sa gloire découvre, à la mort de son père, ses origines russes dont il ignorait tout.

 

st-igor-church-peredelkino-moscow-russia-1

{photo trouvée sur le net}

Il entraine alors le lecteur avec lui dans sa quête généalogique, jusqu'au trésor de Nicodime.

Je ne vous en dit pas plus, pour ne pas gâcher le plaisir de découvrir ce merveilleux roman, tour à tour glaçant et enthousiasmant, qui nous révèle ce pan de l'histoire russe, Metin Arditi s'étant inspiré de faits réels.

 

*****

Oui, il y avait un temps pour eux aussi, répondit Fyodor. La nature des hommes était ainsi faite. Il fallait qu'ils se divisent. C'était leur façon de s'assurer qu'un jour leur bonheur leur sera possible. C'était de cela qu'avaient besoin les hommes. D'une espérance de bonheur. De cet instant sublime qui s'appelle la consolation, où soudain l'on reprend goût à la vie, parce que l'on pense que demain sera meilleur.

*****

 

la-confrerie-des-moines-volants-9782246804390_0

La confrérie des moines volants, de Metin Arditi, paru chez Grasset.

Et pour illustrer ce roman, je vous invite à lire ou découvrir le billet que j'avais fait, à mon retour de Budapest, sur les heures sombres du communisme (clic) et de ses atrocités.