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Sinead, notre charmante hôtesse nous avait conseillé d'aller admirer la baie de Renvyle et la vue sur les iles Inishbofin.

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Ce jour-là, la pluie avait repris ses droits, donnant une dimension plus dramatique aux paysages.

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C'est un peu comme cela que j'imaginais le Connemara.

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La terre noire des tourbières,

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le camaieu des couleurs de la terre et des montagnes arides surplombant des lacs toujours plus nombreux, miroirs sombres reflétant le tumulte des nuages...

Plus nous nous avançons entre les montagnes, sur la route qui se faufile au pied des Twelve Bens et les Maumturk Mountains, plus le sentiment de solitude nous envahit.

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Un paysage presque inquiétant, sûrement porteur de légendes à la Barbey d'Aurevilly.

Juste avant de s'engager sur cette petite route R344, nous nous étions réchauffés à Kylemore Abbey, un magnifique chateau posé au bord de son lough.

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Construit par un certain Mr Henry, très amoureux de sa femme Margaret,

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à qui il offrit cette modeste demeure pour son anniversaire !

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J'ai essayé de négocier pour mon anniversaire un cadeau du même genre, peine perdue, j'ai essuyé un refus catégorique !

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Mais la belle dame mourut prématurément, et le chateau fut vendu.

 

Il fut ensuite donné aux Dames Irlandaises d'Ypres au début de la Première Guerre Mondiale, rappatriées par l'armée britannique pour échapper aux bombardements qui détruisirent leur abbaye belge.

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Elles s'établirent définitivement dans ce chateau et sont toujours présentes à Kylemore.

Malgré leur présence, on ne se sent pas dans un lieu de culte, le chateau ayant gardé ses salles d'apparat pour conserver son attrait touristique.

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Le petit jardin botanique du chateau est charmant.

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Les restes des anciennes serres lui confèrent un côté romantique, un peu abandonné

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même si les pelouses et les massifs sont taillés au cordeau,

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enfin presque, car les petites pancartes plantées ça et là laissent penser que cela peut-être plus parfait encore !

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Au détour d'un chemin, une petite maison contemple le jardin de ses jolis bow-windows.

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La maison du jardinier en chef.

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Un bijou charmant, décorée comme au XIXe siècle.

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Arrivés sous des trombes d'eau au chateau, nous repartons sous un doux soleil, un peu timide

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mais qui illumine subitement le paysage et transforme la vision du chateau.

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En route vers le très beau Lough Inagh.

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Ce grand lac aux contours déchiquetés.

Dans ses recoins se nichent des points de vue magnifiques.

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Dont le célèbre Ashford Castle que nous n'avons pas visité car son entrée était très chère pour simplement accéder aux abords du chateau transformé en hôtel de luxe. Je n'ai rien contre l'appropriation des monuments historiques par des chaines hôtelières, mais je trouve excessive parfois leur politique sélective.

Plus modestement, nous décidons d'aller pique-niquer au bord du lac. 

Ravitaillement dans la petite supérette du coin où une très gentille commerçante nous concocte des sandwichs bien frais. Un vieil irlandais nous parle en gaélique, et la dame nous rassure en nous disant qu'elle non plus ne comprend pas tout !

Parfois, il suffit d'un bon sandwich et d'un petit coin de tranquilité au bord des eaux calmes, sur un petit bout d'ile pour toucher du doigt la sérénité.

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Juste le clapotis de l'eau, et le temps s'arrête.

Les quelques habitants de l'ile qui passent nous regardent un peu surpris, une légère suspicion  dans leur regard. Pas sûr que beaucoup de touristes s'aventurent jusque là...

Mais déjà le temps nous rattrape, et il faut retourner à Dublin pour la suite de nos aventures et des retrouvailles familiales.

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Que je me lève et je parte, que je parte pour Innisfree,

Que je me bâtisse là une hutte, faite d’argile et de joncs.

J’aurai neuf rangs de haricots, j’aurai une ruche

Et dans ma clairière je vivrai seul, devenu le bruit des abeilles.

Et là j’aurai quelque paix car goutte à goutte la paix retombe

Des brumes du matin sur l’herbe où le grillon chante,

Et là minuit n’est qu’une lueur et midi est un rayon rouge

Et d’ailes de passereaux déborde le ciel du soir.

Que je me lève et je parte, car nuit et jour

J’entends clapoter l’eau paisible contre la rive.

Vais-je sur la grand route ou le pavé incolore,

Je l’entends dans l’âme du cœur.

 

William Butler Yeats

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