Nouvelle soirée Femmes et Culture , il y a deux semaines.

Entre slowbisme et snobisme, l'occasion de vous faire une petite chronique digne de Point de vue et images du Monde !

En arrivant Place de la Concorde, la Grande Roue des Tuileries mêlait les couleurs de la France à celles de la Belgique.

Grande roue tuileries

Cela peut sembler totalement futile, mais cette soirée entre femmes du droit était comme une bouffée d’air frais, la preuve que le monde ne s’arrête pas de tourner malgré les barbares et leur folie.

Nouvelle découverte fascinante : le monde de la haute joaillerie.

A deux pas de la place Vendôme, mais à mille lieux des joailliers issus des grandes marques de la haute couture qui attirent en masse les amateurs de bling-bling.

Je vais vous parler ici de la discrète et élégante maison Mellerio, une famille de joailliers depuis plus de 400 ans, établie rue de la Paix.

Mellerio 6

Photo trouvée sur le Net

Mellerio  avait ouvert ses portes pour notre rencontre trimestrielle.

Mellerio 7Crédit photo Comité Vendôme

L’occasion rêvée d’approcher des métiers d’art insoupçonnés.

Derrière nos bijoux œuvrent les lapidaires, les dessinateurs, les façonneurs, les sertisseurs, les gemmologues… Autant de métiers, pour un seul objectif : la perfection d’une pièce unique aux matériaux aussi précieux que rares.

Une même passion aussi.

Monsieur Mellerio, représentant la quatorzième génération de joailliers, nous a présenté les multiples facettes de son univers étincelant. Accompagné de son équipe, aussi compétente en histoire qu’en joaillerie, ils nous ont fait remonter le temps au fil des bijoux de leur musée personnel.

Tout commence en 1613, lorsque que Marie de Médicis accueille un colporteur italien d’objets précieux venu lui présenter quelques bijoux.  Elle lui accorde le droit d’exercer le métier de bijoutier en France, immense privilège. Seuls les membres de corporations d’artisans avaient alors le droit de faire commerce de leur art, et les étrangers au Royaume de France étaient interdits d’exercer.

Mellerio 1

Photo trouvée sur le Net

Ainsi commence l’histoire de la maison Mellerio, devenue au fil du temps et par son excellence, le joaillier des Rois et des Reines de France, et du monde entier.

Des créations pour Marie-Antoinette, Joséphine, pour toutes les monarchies européennes, et même des maharajahs. Toute l’aristocratie a porté et porte encore les joyaux issus des ateliers Mellerio.

Mellerio 3

Photo trouvée sur le Net

Incroyable saga familiale.

Intriguée, j’ai demandé à Monsieur Mellerio comment cette maison avait pu rester ainsi aux mains d’une même famille, alors que tous les joailliers tels que Boucheron, Mauboussin ou Chaumet sont passés sous le contrôle de fonds d’investissement.

Leur indépendance n’est possible que par le respect d’un principe strict : faire passer les intérêts de l’entreprise familiale avant tout, et par…le droit d’ainesse. Un principe archaïque qui leur assure malgré tout de rester indépendant.

Et comment ont-ils pu traverser les révolutions sans heurts ?

Là encore, leur secret est d’avoir su s’adapter en permanence.

M’étonnant que Mellerio ait échappé à la tourmente de la Révolution Française après avoir été le bijoutier de la Reine, Monsieur Mellerio m’expliqua que son ancêtre intégra l’armée française pour combattre les prussiens, affirmant ainsi son engagement révolutionnaire, et maintenant en secret un atelier pendant ces années de tourmente.

Quand vint l’avènement du nouvel Empereur des Français, Mellerio devint tout naturellement le joaillier de l’Impératrice Joséphine, et de la cour impériale.

Nouvelle révolution, nouveaux tourments, nouvelle orientation en 1848. Celui qui était alors aux commandes de la maison n’hésita pas à traverser la France et braver les dangers, en habits de colporteur, pour atteindre la cour d’Espagne, et vendre ses bijoux à la Reine Isabelle. En conquérant de nouveaux marchés, il assura la pérennité de sa maison, lui ouvrant de nouveaux horizons.

Aujourd’hui m’a-t-il confié, le marché n’est plus celui des Rois et des Reines qui, souhaitant montrer l’exemple, ne dépensent plus sans compter. C’est un marché français de connaisseurs, d’amateurs de belles pièces, des plus abordables (car il y en a !) aux plus exceptionnelles.

Mon moment préféré fut l’atelier du gemmologue. Un homme passionné et patient qui nous a fait découvrir des pierres d’exception. Nous étions à la fois éblouies et surexcitées de pouvoir approcher ces merveilles. Au-delà de leur beauté, ce sont les explications du gemmologue sur leur provenance, leur composition, les raisons de leur pureté, qui m’ont le plus passionnée.

Mellerio 5

Tel ce diamant, issu d'une mine célèbre en Inde dont je n'ai pas retenu le nom, l’un des plus purs au monde. Nous n’en saurons pas le prix… Inutile car de toute façon inaccessible pour le commun d’entre nous ! Il était si translucide qu’on aurait dit de l’eau.

 Il nous a mis en garde aussi contre les vendeurs de pierres chauffées, voire irradiées  pour faire ressortir leur couleur (attention aux saphirs et aux topazes bleues). Une hérésie qui peut être dangereuse pour la santé. Ou ces émeraudes qui sont taillés avec de l’huile verte pour accentuer la couleur, et qui la perdent en dégoulinant sur votre doigt dès que l’avion a décollé du fait de la pression !

Nous avons bien retenu la leçon. Rien de tel qu’un bon joaillier pour vous initier aux beautés minérales que sont les pierres précieuses, mais aussi les pierres fines (à retenir, nouvelle appellation des pierres semi-précieuses !).

Une soirée scintillante, étincelante.

Je ne sais pas ce qui brillait le plus : les diamants, ou nos yeux émerveillés !

Definitely, diamonds are girls’ best friends, I do agree with you Marilyn Monroe (cllic clic pour l'écouter !)