J'aime écouter la poésie, quand la voix trouve les intonations justes pour faire passer l'émotion.

L'Exil, de Pablo Neruda, je l'ai découvert en même temps que Boomerang, l'excellente émission d'Augustin Trapenard, sur France Inter, un matin où les embouteillages m'ont contrainte de stagner sur le chemin du bureau à une heure où habituellement je suis déjà plongée dans les dossiers.

C'est cela la magie du quotidien, le fait que rien ne soit prévisible vraiment, qu'au travers de ce qui semble être une routine, il reste une part d'aléatoire, et que cette petite part là vous fasse parfois de belles surprises, comme ce poème, introduction magnifique au thème de l'émission et à l'invité de très grande qualité qui était sur les ondes ce matin là, Wadji Mouawad, l'auteur libanais de cette pièce de théâtre magnifique et terrible, Incendie, que je vous conseille de lire le plus vite possible tellement elle fait écho à l'actualité.

Je vous laisse savourer la simplicité des mots de Pablo Neruda, dans l'Exil, un poème extrait des Chants Libres d'Amérique Latine

L'exil est rond

Un cercle, un anneau :

tes pieds en font le tour,

tu traverses la terre,

et ce n'est que la terre,

le jour s'éveille

et ce n'est pas le tien,

la nuit arrive :

il manque tes étoiles,

tu te trouves des frères :

et ce n'est pas ton sang.

Tu es comme un fantôme qui rougit

de ne pas aimer plus ceux qui t'aiment si fort,

et n'est-il pas vraiement étrange que te manquent

les épines ennemies de ta patrie,

l'âpre détresse de ton peuple,

les ennuis qui t'attendent,

et qui te montreront les dents dès le seuil de la porte...

Clair de lune

 

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