Ou comment j'ai acheté le roman de Mathias Enard pour la poésie de son titre.

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Je pensais trouver tout ce petit monde et j'ai découvert un épisode de la vie de Michelange et ses aventures stambouliotes.

J'ai mis un moment à ouvrir ce livre. Il a trôné pendant des mois au pied de mon lit (il me manque toujours une table de chevet), je privilégiais d'autres lectures, et malgré la poésie du titre, je ne me lançais pas.

Le temps d'un voyage en TGV, je me suis envolée vers Istanbul au XVIe siècle, ou plutôt Constantinople, fascinée par les tourments créatifs du grand Maître des Arts et sa confrontation avec une culture dont il ignorait tout. La rencontre de deux mondes, le très chrétien italien, et le sultan amoureux des belles choses.

La magie d'Istanbul fait rêver au XVIe siècle comme au XXIeme.

Un long poème à savourer lentement.

"La nuit ne communique pas avec le jour. Elle y brûle. On la porte au bûcher à l'aube. Et avec elle ses gens, les buveurs, les poètes, les amants. Nous sommes un peuple de relégués, de condamnés à mort. Je ne te connais pas. Je connais ton ami turc ; c'est l'un des nôtres. Petit à petit, il disparaît du monde, avalé par l'ombre et ses mirages ; nous sommes frères. Je ne sais quelle douleur ou quel plaisir l'a poussé vers nous, vers la poudre d'étoile, peut-être l'opium, peut-être le vin, peut-être l'amour ; peut-être quelque obscure blessure de l'âme bien cachée dans les replis de la mémoire."